AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 (mads) show me your heart's way.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
MessageSujet: (mads) show me your heart's way.   Lun 15 Avr - 18:39



✝ i can't. sorry for everything, i can't.

Le réveil avait été difficile ce matin. D'une difficulté accablante, comme si je portais les maladies du monde entier sur mes épaules. La journée précédente n'avait pas été un luxe, j'en portais encore les cicatrices. Cicatrices physiques, mais qui ne me faisaient nullement souffrir, comme toujours. En revanche, les cicatrices psychologiques suintaient encore, me causant des maux toujours plus violents. Moi qui rayonnais ces derniers temps, j'avais très vite désenchanté. Comme une chute du quinzième étage. Comme une claque que l'on se prend au réveil, un cauchemar qui vous réveille en sueur. Mais la réalité était belle et bien présente, bien plus brûlante que toutes ces morsures que je subissais entre les mains des médecins. Je les haïssais. Du plus profond de mon être. Et pourtant j'étais contrainte à l'obéissance, à la soumission. Ce qui me révoltait. Mais je n'espérais pas mener une quelconque guerre avec mes cinquante kilos tout mouillés. Mais, avec un peu de bonne foi, je devais reconnaître que la plaie que j'avais dans le dos me forçait (malgré moi) à la coopération. Qui aurait cru qu'un magasin de fleurs pouvait être aussi dangereux? Un simple oubli de ma part, une inconscience. La paire de cisailles était posée sur l'étagère, à priori innocente. Marchant à reculant, j'avais perdu l'équilibre et mon dos était venu frappé contre cette dite étagère. Résultat des courses? Des points, à ne plus savoir quoi en faire. Du sang, à en faire pâlir les clients. Un séjour à l'hôpital de deux jours, juste au cas où. Je fulminais. Tant par mon oubli désastreux que par la fausse inquiétude dont faisait preuve cet imbécile. Seuls deux médecins avaient eu mon respect, avaient eu la liberté totale de faire ce qu'ils voulaient de moi. Et avaient gagnés ma confiance. J'en étais aveuglée, innocente, insouciante. Je les avais aimés, adorés, admirés, mis sur un piédestal. Bien que, je devais l'avouer, j'étais envahie par une profonde chaleur lorsque je croisais le regard du docteur Hempstead. Bon dieu... J'étais en admiration face à cet homme. Il avait tout ce qu'un homme ne pourrait jamais espérer: la beauté, la douceur, l'intelligence, la maturité. Mais penser à lui autrement que comme une fille pense à son père tout puissant était inimaginable. L'idée ne m'avait d'ailleurs traversé l'esprit. Et je restais muette d'incompréhension face aux murmures critiques des infirmières que je croisais dans le couloir. Avides, et jalouses. m'avait-il dit. Je ne comprenais toujours pas le fondement de cette soit-disant jalousie. Jalousie de qui, de quoi? De moi, de ma vie? Etait-il possible d'être jaloux d'une telle maladie? D'une vie de chien? J'étais stupéfaite. Mais comme à chaque fois, son sourire vida ma tête de tous soucis. Je remettais ma vie entre ses mains, entre les siennes seules.

Mon incident me mena inévitablement à lui, lui qui me suivait depuis mes débuts sur le continent américain, lui que je venais voir chaque mois, chaque semaine, chaque jour. Ouais, il était vrai que je passais plus de temps dans ce cabinet que dans mon propre appartement. Peut-être était-ce pour cela que les gens jasaient autant? Là encore, ma question demeurerait sans réponse. Je frappais doucement à la porte, attendant sa permission pour pouvoir le rejoindre. Je n'étais pas fière de ma bêtise, qui traduisais cette éternelle capacité à ne pouvoir m'en sortir seule. Ce cercle vicieux ne s'arrêtera donc jamais. Après un lointain entres, je poussais la porte, les yeux rivés vers le sol. Les joues d'un rougeur maladive, le coeur battant la chamade, comme si j'avais fait une bêtise d'enfant insouciant. Là était le cas. Sauf que les conséquences auraient pu être bien plus dramatiques. « Je suis désolée, c'était stupide de ma part. » J'achevais ma phrase dans un murmure, comme une coupable attendant sa sentence.
Revenir en haut Aller en bas
 

(mads) show me your heart's way.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ONE LAST KISS. :: Greenwood's Hospital.-