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 Éveillons nos sens - [Ninon]

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MessageSujet: Éveillons nos sens - [Ninon]   Dim 28 Avr - 14:14

Éveillons nos sens




J’étais venu ici aujourd’hui pour me ressourcer et pour retrouver un peu d’inspiration pour mon nouveau roman. En effet, j’avais les idées un peu floues en ce moment, je manquais d’imagination et même de conviction. Je ne me sentais pas dans mon assiette, je ne sais pas pourquoi… C’est pour cela que je venais observer la nature, c’était si pur et si intense à la fois ! Un vrai bonheur pour moi. Suffisant à mon bien-être, ou presque…

Il m’en fallait plus pour me redonner la pêche et le sourire. J’avais donné rendez-vous à Ninon ici même dans une demi-heure. J’avais fait exprès d’arriver en avance, pour réfléchir un peu et me retrouver, parce qu’au fond je suis un solitaire. Je ne sais pas vraiment ce qui se passait avec elle, on avait eu ce qu’on peut appeler une aventure, mais j’étais perdu. J’avais peur qu’elle ne m’apprécie pas pour ce que j’étais vraiment car au fond j’étais là pour elle, mais peut-être pour la sauver, l’éloigner de cette tristesse permanente qu’elle ressentait pour Sid. Elle m’en avait parlé un peu. C’est vrai ça m’avait légèrement refroidi, mais comment après tout ça savoir si elle était sincère ou pas ? Parce que moi je voyais bien que je commençais à m’attacher, mais je ne voulais pas m’engager dans quelque chose qui me ferait du mal, j’avais déjà donné. Donc je restais prudent, tout en jouant avec le feu car je continuais à la voir. Et on continuait à avoir cette petite intimité qui pourrait nous faire franchir le cap de la simple amourette. Ce n’était pas facile.

J’avais appris quelques jours auparavant qu’elle s’était blessée au boulot. Bon ok. Ça avait peut-être été l’excuse pour la faire venir. En effet, la dernière fois qu’on s’était vus, c’était un peu parti en cacahuète. On se chamaillait souvent, on n’était pas toujours d’accord et ça faisait des étincelles, mais ce n’étais pas quelque chose qui me déplaisait au fond. Mais peut-être qu’elle elle n’acceptait pas les tensions. J’avais l’impression qu’elle partait au quart de tour pour ne pas à avoir à s’expliquer sur son comportement quelque peu particulier envers moi. Elle était belle et attachante, mais je ne comprenais pas toujours ses pensées, et encore moins ses arrière-pensées. Enfin bon, je ne pense pas être le seul homme dans ce cas-là.

Quoiqu’il en soit, je me demandais un peu comment allait se passer cet après-midi. J’imaginais un bon moment passé avec elle, resplendissante, mais c’était toujours plus que ça. Elle avait ce petit quelque chose en plus indescriptible qui me faisait peur et qui m’intriguait à la fois. Je crois que c’est une personne assez contradictoire, tout comme moi.

En attendant je m’assis sur un banc et ouvris un bouquin. C’était quelque chose qui allait, je l’espère, me détendre un peu. J’avais tendance à stresser pour un rien et la littérature m’aidait évidemment à passer au-dessus de ça. Je mis mes lunettes dernière génération sur le nez et me plongeais dans ma lecture, espérant quand même qu’elle n’aurait pas de retard. J'étais impatient de la revoir.
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MessageSujet: Re: Éveillons nos sens - [Ninon]   Lun 29 Avr - 15:42



✝ what hurts the most.

Ouais, j'avais pris un savon. Petit, certes, mais l'intonation avait bien fait son travail et transmis le message. Une inattention de plus et je repartais à l'institut. Parce que, il fallait que je comprenne, tu ne peux pas te permettre de prendre d'autres risques, ça aurait pu être bien plus grave. Je ne niais pas, toutefois j'estimais que les accidents arrivaient chaque jour, et ce au plus normal des mortels. Pourquoi est-ce que ma maladie ne m'incluait pas dans ce lot banal? J'avais essuyé la leçon en silence, le menton frémissant. S'il y avait bien une personne que je n'aimais pas contrarier, c'était bien Mads. Ou devrais-je plutôt dire docteur Hempstead. Mais j'essayais de me persuader que c'était pour mon bien, que seule ma sécurité importait. Au fond, pourquoi pas? Le moral cafardeux, je quittais l'hôpital, la tête pleine de pensées diverses et variées. J'avais l'impression d'être le seul défaut parmi tant de personnes normales. Normal. Ce mot me faisait vibrer et rêver. Si seulement je pouvais attraper celui qui avait osé avancer qu'être normal était fastidieux, qu'il fallait être original. Je lui passerais volontiers moi, mon originalité. Quand il voulait. Grâce au ciel, j'entrevis une éclaircie dans ces nuages sombres. Bréven. Il m'invitait à le rejoindre au parc, après mon entretien. Je n'avais jamais été aussi impatiente de le voir, d'entendre le son de sa voix, de le sentir près de moi. J'en avais besoin, aujourd'hui plus que jamais.

En tant qu'écrivain, c'est fidèle à lui-même que je le trouvais: assis sur un banc, un livre entre les mains, ses lunettes rétro sur le nez. Je m'arrêtai un court instant, attendrie. Je n'arrivais toujours pas à définir la nature de notre relation. Avais-je besoin de lui comme une enfant de son père? Une sœur de son frère? Un coeur perdu de son âme soeur? J'étais dans le flou permanent. Mais cet apaisement, cet abandon dont je faisais preuve lorsque j'étais avec lui ne trompait pas: il faisait parti de moi. Il était partie intégrante de mon âme, de mon coeur. Je ne me voyais pas attaquer un lendemain sans la certitude que je croiserai son chemin. J'étais comme soumise à lui, et je ne pouvais lutter contre ça. Si mon amour pour Sid avait été pur, et dénué de tout sous entendu, les papillons volaient en masse dans le bas de mon ventre lorsque j'étais avec Bréven. J'angoissais. J'avais peur de ce ressenti nouveau. Mais j'avais confiance. Confiance en lui. En nous. Et j'y croyais. « Pile à l'heure! Qu'est ce que tu lis? » lui demandai-je tout en déposant un léger baiser sur sa joue. Le moindre de ses faits et gestes m'émerveillaient, m'intéressaient, m'intriguaient. Il pouvait me parler des heures durant de bouquins, de ressenti sur tel ou tel roman, de ses ambitions sans que je ne bronche, ou m'assoupisse. Il était un peu mon héros, ce prince charmant dont rêvent toutes les jeunes filles. Il était mien.
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MessageSujet: Re: Éveillons nos sens - [Ninon]   Mer 1 Mai - 17:09




Au son de sa voix je souris instinctivement. En effet elle était pile à l'heure, comme à son habitude. Je levais ma tête au moment où elle déposa un baiser sur ma joue. Je le lui rendis par la suite.

" Tu es là, je suis content de te voir. "

Je lui souris sincèrement. Elle était de plus en plus belle, chaque jour j'étais un peu plus émerveillé par la perfection de son visage.

" Ce que je lis ? Ça ? C'est un roman policier, mais justement je ne le trouvais pas vraiment à mon goût... Je n'aurais pas imaginé être déçu un jour par cet auteur. Enfin bref, va falloir que je me remette aux romans sentimentaux, à croire que ça me correspond vraiment plus. "

Elle elle le savait que j'aimais ça. J'aimais essayer de comprendre comment les personnages des livres s'en sortaient avec leur ressenti, comment les auteurs arrivaient à décrire cela. Ça m'intriguait mais ça m'inspirais aussi, parce qu'évidemment j'avais aussi écrit ce genre de bouquins. Le sentiment amoureux était pour moi et resterait une des choses les plus importantes à connaitre dans une vie.

" Bon, tu vas me dire maintenant ce qu'il t'es arrivé Ninon ? Tu m'as dit que tu t'étais blessée non ? Je n'aime pas vraiment ça. "

Je détestais l'idée qu'elle puisse avoir mal, même si c'était superficiel. Je savais qu'elle n'était pas aidée dans la vie avec tout ce qui lui arrivait, et moi ça me dérangeait de passer à côté d'une occasion de la protéger. Elle n'allait pas se plaindre bien sûr, mais au fond elle savait ce que j'en pensais.
Elle devait savoir aussi que j'évitais un peu le sujet de notre dernière discussion. Celle qui avait terminé en dispute. Nous n'étions pas rancuniers et tant mieux pour nous. Parce que ça avait quand même été dur pour moi de ne plus avoir de contact pendant quelques jours. Mais j'avais craqué évidemment, j'étais revenu vers elle. Comme d'habitude. Car je ne pouvais pas m'en empêcher, et c'était bien malgré moi.
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MessageSujet: u   Mer 1 Mai - 17:47



✝ what hurts the most.

Le bonheur, le plaisir de sa compagnie était intact. Restait intact, malgré les tourments et les désaccords. Une alchimie pure, qui n'avait de cesse de me faire frissonner. D'exaltation, d'angoisse, de désir infini, de refus. « Tu es là, je suis content de te voir. » Et moi donc, tu n'imagines pas à quel point. Mon coeur frôlait la vitesse lumière dès que son regard se posait sur moi, dès que sa peau frôlait la mienne, dès que le son de sa voix m'était destiné. J'étais folle. Folle de lui. Je savais pertinemment que de l'adoration à l'amour il n'y avait qu'un pas. Comme de l'amour à la passion. J'essayais, vainement certes, mais je persistais à tenter de réfréner cette houle de sentiments qui fusaient en moi et qui lui était dédiée. Mais ça faisait mal. Sans cesse, sans arrêt. Comme une condamnation, une sentence, je subissais ses absences. Je demeurais en apnée, haletante, quémandant un signe, une parole, quoique ce soit qui puisse alléger ce poids dans ma poitrine. Tu as vraiment un soucis ma fille. Ce n'est pas nouveau. « Ce que je lis ? Ça ? C'est un roman policier, mais justement je ne le trouvais pas vraiment à mon goût... Je n'aurais pas imaginé être déçu un jour par cet auteur. Enfin bref, va falloir que je me remette aux romans sentimentaux, à croire que ça me correspond vraiment plus. » Il aimait ces romans autant que je les aimais. Peut-être avais-je une légère préférence pour de l'eau de rose, les histoires pures et belles, qui jamais ne se terminent mal. Je rêvais de happy end, d'un ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant. Naïve, innocente, peu m'importait. Je voulais une histoire d'amour digne de ce nom. Je voulais honorer Sid, lui prouver que de là où il est, il peut être fier de moi et désormais ne plus s'inquiéter. Je voulais faire mon deuil. Plus que tout. « Tu sais que tu peux compter sur mon soutien pour les romans à l'eau de rose. » Avec un petit sourire en coin je me mordais la lèvre inférieure, taquine. Oui, tout était clair pour moi. Mon deuil, je le voulais avec Bréven. Et rien que lui.

« Bon, tu vas me dire maintenant ce qu'il t'es arrivé Ninon ? Tu m'as dit que tu t'étais blessée non ? Je n'aime pas vraiment ça. » Ma façade d'enthousiasme coula de mon visage et se répandit sur le sol comme une vulgaire goutte d'eau. A présent mal à l'aise, j'évitais à tout prix son regard. J'aurai du m'y attendre. Lui non plus ne perdait aucune occasion de me réprimander. Mads bis. Papa bis. Papa poule bis. Papa poule protecteur bis. Et j'en passais... Je me découvrais un intérêt soudain pour ma main droite. Qui fut de courte durée tandis que je sentais son regard insistant. Soupir. « Disons que ce n'est qu'une petite égratignure, rien de plus... Les accidents du travail ça existe tu sais! Enfin... Il est vrai qu'il est plus difficile de se blesser avec un stylo mais bon. » J'esquissais un petit rire, une auréole d'innocence sur le haut de la tête, tout en lui glissant un petit regard en coin. Histoire de tâter la température. Ca ne passe pas? Non? J'aurai essayé... « Oh et puis si tu m'as fais venir pour me faire la morale, je rentre de ce pas moi. » Comme une enfant, qui ne sait par quel moyen attendrir son auditoire, je tentais le tout pour le tout, passais du coq à l'âne. Les bras croisés sur ma poitrine. Attendant qu'on la supplie de rester, de pardonner. Une enfant. Rien de plus. « Le docteur Hempstead m'a déjà mis ma fessée, c'est bon. Oui je ferais plus attention, c'est promis. Oui j'ai compris la leçon. Non je ne mens pas. Non je ne récite rien par coeur. » Oui j'étais boudeuse, mais il s'en fallait de peu pour que je passe du caprice au rire. Au moins, il pouvait se vanter qu'aucune de nos rencontres ne soient tristes! Je tentais un rapprochement tactile, lui frôlant la main du bout des doigts. Puis l'amenant à mes lèvres, j'y déposais un baiser avant de la poser contre ma joue. « Je suis désolée. »
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MessageSujet: Re: Éveillons nos sens - [Ninon]   Jeu 2 Mai - 12:12




Malgré ce petit air désinvolte elle avait quand même l'air de comprendre ce que je voulais dire et ce que je ressentais. Je décidais de l'écouter tout en me taisant, la laissant s'embarquer dans ses explications. Au moment où elle m'embrassa puis s'excusa je sentis une petite explosion intérieure. Elle me faisait un effet incroyable et inexplicable. Et puis elle savait s'y prendre avec moi surtout.

" Je te crois. Je sais que tu es désolée, mais s'il-te-plaît, fais attention à l'avenir. "

A mon tour je pris son visage entre mes mains puis l'embrassais avec tendresse. Quand mes lèvres touchaient les siennes c'est comme si je retrouvais toutes mes forces, un peu comme dans les jeux vidéos avec la jauge de vie. Elle c'était ma jauge de vie, à moi.

" Tu m'as manqué. Et puis je suis désolé de m'être emporté la dernière fois. "

Fallait que ça sorte quand même. Je m'étais juré de ne rien lui dire sur la dernière fois qu'on s'était vus mais je ne pouvais pas m'en empêcher finalement. Je m'étais senti mal et je préférais qu'elle le sache. Je voulais qu'elle comprenne qu'elle avait ce pouvoir sur moi, celui de ma faire mal. Je ne voulais pas le lui montrer, je voulais juste qu'elle le voit d'elle-même et qu'elle évite de me faire souffrir.

" Tu me rends fou Ninon. "

Oups. Ça c'était sorti tout seul par contre. Ça m'arrivais très rarement de dire de telles choses mais aujourd'hui, je ne sais pourquoi, il fallait qu'elle ouvre les yeux, qu'elle se décide. Avait-on un avenir ensemble après tout ça ? C'était si compliqué... Le point positif est que notre histoire m'inspirais pour mon livre. Ah ça ! Il n'y avait pas de doute.
J'attrapais sa main et la serrais dans la mienne. Je plongeais ensuite mon regard dans le sien. Je lui souris, un peu gêné par la phrase spontanée que je venais de dire. Je ne contrôlais rien quand j'étais avec elle.
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MessageSujet: Re: Éveillons nos sens - [Ninon]   Lun 6 Mai - 23:21



✝ what hurts the most.

« Je te crois. Je sais que tu es désolée, mais s'il-te-plaît, fais attention à l'avenir. » Je fondais, comme une glace au soleil. Il avait les mots pour me faire trembler et faire chavirer mon être tout entier. Je lui en voulais d'avoir un tel effet sur moi, mais en même temps je ne pouvais me passer de lui. Il avait été cette bouée de sauvetage, cet échappatoire vital à mon installation sur Greenwood. Je bénissais les cieux que ma route ait croisé la sienne, ne cessais de me répandre en remerciements. Car depuis que mon regard avait croisé le sien, mon coeur chantait. Chantait pour lui. Et ses mains sur mon visage, le contact de ses lèvres contre les miennes. Électrique. J'aurai voulu ne jamais rompre le contact, ne jamais me séparer de lui. Lorsqu'il détacha lentement ses lèvres, je me surpris à être essoufflée, mon coeur battant comme s'il avait le diable aux trousses. Bon sang, il me rend folle. « Tu m'as manqué. Et puis je suis désolé de m'être emporté la dernière fois. » S'il savait à quel point lui m'avait manqué, à quel point je m'en voulais. A quel point j'essayais de parfaire mes défauts pour lui, pour être à la hauteur de ce qu'il méritait. Chacune de nos prises de tête était comme un poignard en plein coeur, coeur qui s'émiettait un peu plus chaque seconde passée loin de lui. Ce n'est pas humain de tels sentiments.

« Tu me rends fou Ninon. » Un raté, un souffle qui se maintient pendant une éternité. La lèvre inférieure tremblante, j'osais à peine croiser son regard, éberluée par les mots que je venais d'entendre. Oui, c'était la première fois. La première fois qu'il se livrait à coeur ouvert, qu'il osait prononcer de telles paroles. Dire que je n'avais jamais pensé à nous en temps que couple serait mentir. Cruellement mentir. J'y avais pensé chaque nuit, dans chaque rêve, à chaque instant que j'avais de libre. Et maintenant qu'il tâtonnait le sujet, j'étais perdue. Incapable de prononcer le moindre mot, incapable d'aligner mes pensées correctement, incapable de réagir. Oh, Bréven. Au contact de ma main dans la sienne, je revenais dans la réalité, réchauffée par sa chaleur. Je maintenais son regard avec gravité presque, comme si là était le dénouement de toute une vie. « Tu connais mes sentiments à ton égard, Bréven. A quel point ce que je ressens est fort. » Je me mordais la lèvre. Je me lançais à mon tour dans une déclaration que je réfrénais, de peur de ne paraître trop empressée. Passionnée. Plus les jours avançaient, plus la certitude de mon amour pour lui se confirmait. Mais était-il prêt à en assumer toutes les conséquences? A subir au quotidien ma maladie, à devoir sans cesse prendre garde au moindre de ses faits et gestes? A, qui sait par la suite, devoir faire un trait sur d'éventuels enfants que je ne pourrais avoir? A prendre le risque que je puisse disparaître du jour au lendemain? J'avais mal, j'en souffrais rien que d'y penser. Je souffrais pour nous deux, et pour cette histoire tant souhaitée et pourtant si compliquée à réaliser. « Mais tu mérites beaucoup mieux pour construire quelque chose. Je t'empêcherais d'avancer... » La sensation que la terre s'ouvrait sous mes pieds, qu'un gouffre béant me happait pour me faire disparaître dans les entrailles du monde. Jamais je n'arriverais à renoncer à lui. Jamais. Autant me demander de m'arracher le coeur et de faire sans. Mais je refusais qu'il se prive, qu'il se bride pour moi. Je ne méritais pas autant d'égard. Me rapprochant de lui, je lovais ma tête dans le creux de son cou, entourant son torse de mon bras. Je ravalais ces larmes amères qui me montaient aux yeux, tentant d'apaiser cette douleur permanente au niveau de mon organe vital. « Parle moi d'autre chose, je t'en supplie. On peut se voir ce soir? Demain soir? N'importe quand. » Machinalement je tripotais sa chemise du bout des doigts, m’agrippant par la même occasion. Dans le doute, sait-on jamais?
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MessageSujet: Re: Éveillons nos sens - [Ninon]   Dim 12 Mai - 22:49




Comme toujours. Comme la plupart du temps depuis que je la connaissais elle fuyait. Oui pour moi c'est ce qu'elle faisait, elle ne se rendait pas compte qu'elle esquivait tout le temps le sentiment qui nous unissait. Je savais que sa maladie était un frein, mais elle rabâchait ça sans cesse. Evidemment je ne savais pas vraiment si j'étais capable de construire quelque chose de sérieux avec une personne malade, mais lui dire ce que j'avais sur le cœur me soulageais. C'est tout. Et non, elle réussissait à éteindre la petite lueur d'espoir que j'avais en moi. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais, mais en tout cas je ne voulais pas qu'elle ne dise, ni même qu'elle ne pense, qu'elle était un poids, un boulet. Elle voyait bien comment je la regardais et vice versa. Ça en devenait vraiment inexplicable et incompréhensible.

Elle avait beau se livrer quelques fois, se détacher un peu de sa carapace protectrice, je restais dubitatif. Jouait-elle, était-elle si bonne actrice ? Je ne pense pas, elle tenait quand même à moi elle venait de le dire. Le problème était que moi-même je me posais toujours les questions sur son regard mais pas sur le mien. Et moi ? N'aurais-je pas du tout arrêter avant ? Tout ça, ce cercle vicieux qui nous enfonçait un peu plus chaque jour... Il y avait eu un moment où je m'étais rendu compte de la dangerosité de nos actions, mais j'avais été incapable de tout stopper maintenant. Sa compagnie était toujours pour moi un bol d'air. Pur, fin, vital.

Je ne savais plus quoi dire ni quoi penser après ses quelques paroles. Elle avait raison, et au fond je pensais la même chose qu'elle. Je ne pourrais pas construire une vie comme celle-là, sans réel avenir imaginé... C'était égoïste peut-être, mais me retrouver seul après avoir donner de ma personne me paraissait impossible et improbable. J'avais besoin de plus, et elle le sentait malgré mes paroles contradictoires. Je remarquais que je devenais de plus en plus complexe à cause d'elle.

" Je... Je sais tout ça oui. Pardon, mais j'ai... "

Je m'humidifiais les lèvres. Bon sang, il fallait que je boive quelque chose, je me sentais tout fébrile d'un seul coup. Je répondis alors à sa question.

" Oui oui on peut se voir ce soir. Moi ça me convient. Mais en attendant on va boire un verre ? Je meurs de soif. "

Je ne paraissais pas vraiment convaincu, j'avais sûrement l'air un peu froid, mais c'était mon état quand je me rendais compte que j'avais ''mal'' agi, que je m'étais trompé, en gros que j'avais fait une gaffe. Pourquoi avais-je dit des mots aussi forts... Fou d'elle ? Déstabilisant.
Je me levais et me mis à marcher. Je sentis par la suite qu'elle m’emboîta le pas.
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