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 #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)

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MessageSujet: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Mer 8 Mai - 12:26


La journée a été épuisante. Non, la semaine a été épuisante. En réalité, rien ne va depuis ce... truc avec Priam. Ils ne se sont pas réellement parlé après "la chose" comme l'appelle Dorrit et elle en est plus que perturbée ; elle n'est pas habituée à éviter Priam et elle n'aime vraiment pas ça. Elle ne peut pas expliquer ce qu'il s'est passé ce jour là ; c'est encore bien trop confus dans sa tête et elle ne préfère pas y penser. Merde, elle est certaine que si elle ne l'avait pas repoussé, il l'aurait embrassé. Vraiment embrassé. Et quand elle pense à ça, elle se trouve vraiment conne ; elle sait qu'elle ne l'aurait pas repoussé s'il avait essayé. Elle n'aurait tout simplement pas pu, c'est Priam. Donc depuis "la chose", elle lui en veut. Et elle s'en veut encore plus. Elle lui en veut de jouer avec elle, de la faire souffrir, même inconsciemment. Elle s'en veut d'être aussi naïve. Aussi idiote. Elle s'en veut de l'aimer autant. Elle s'en veut de croire qu'il peut encore se passer quelque chose. Qu'il peut tomber amoureux d'elle, l'aimer autant qu'elle l'aime. Elle s'en veut d'avoir peur, d'être effrayée par tout ça. Elle s'en veut de gâcher leur relation parce qu'elle a des sentiments qu'elle ne devrait pas avoir. Elle s'en veut de ne pas pouvoir juste tourner la page, oublier, passer à autre chose. Elle ne peut pas faire ça Dorrit. Elle ne pourra jamais. Elle s'en veut de gâcher sa vie pour une cause perdue ; il est juste impensable qu'il se passe quoi que ce soit entre eux. Elle se déteste.

Il est vingt-deux heures passées quand elle rentre enfin à l'appartement. Elle est épuisée, démoralisée et elle a absolument besoin de sa neuvième tasse de thé et d'une cigarette. Dieu merci, elle a pensé à se racheter un paquet avant de rentrer. Elle fait chauffer de l'eau, ouvre la fenêtre de la cuisine et s'allume une clope. Bordel, ce que ça peut lui faire du bien. Elle ne sait pas si Priam est l'appartement et se souvient que de toute façon, ils s'adressent à peine la parole en ce moment. Quelle merde cette situation quand même. Elle laisse échapper un soupir à fendre l'âme, jette sa cigarette par la fenêtre et se sert son thé. En entrant dans le salon, toujours aucun signe de Priam. Elle est désormais certaine qu'elle va passer la soirée à se gaver de chocolat en jalousant les filles d'America's next top model.


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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Mer 8 Mai - 14:51


priam & dorrit


Un verre de bière à moitié bu à la main, Priam est assis à l’une des nombreuses petites tables du bar de Greenwood. L’endroit est intime et cosy, les gens bavardent en riant fort, merci à l’alcool. Le jeune homme, pour sa part, est en pleine discussion avec un ami de longue date et de passage aux États-Unis pour affaires. Il vient de terminer son roman de fantasy et est à la recherche d’un illustrateur pour créer la page couverture car celle que sa maison d’édition lui a proposée ne le satisfait absolument pas. Ce genre de pépin arrive et c’est pour cette raison que Priam a accepté de le rencontrer ce soir : pour voir s’il serait, oui ou non, intéressé à s’en occuper. Après tout, dessiner est son gagne-pain depuis qu’il est sorti de l’université et il saute sur n’importe quelle occasion lui permettant d’exercer son talent. Son ami lui raconte brièvement son histoire et lui soumet ses idées de page couverture, que Priam écoute attentivement. Finalement, après un ou deux verres de plus parce que c’est toujours plus agréable de boire en parlant, le dessinateur accepte de s’occuper du projet. « Je t’appelle quand j’aurai terminé tout ça, au plus tard dans deux semaines. » conclut Priam en serrant la main de l’autre. Sur ce, ils parlent de leurs vies respectives, de ce qu’ils ont fait depuis le temps qu’ils se sont vus, en terminant leur boisson respective. Vers vingt-deux heures et demie, son ami lui annonce qu’il doit se lever tôt demain matin pour une conférence sur la création littéraire qu’il va donner dans une université et c’est ainsi qu’ils se quittent, avec une promesse de se revoir avant son départ des States.

Une fois seul, Priam jette un coup d’œil au barman. Comme il est tentant de prendre un autre verre, mais il se dit après une minute de réflexion que ce n’est guère raisonnable; il sait très bien à quoi il ressemble quand il est bourré et se dit qu’il vaut mieux priver sa colocataire de ce désolant spectacle. Surtout que, depuis l’épisode Je t’aime… moi non plus de l’autre soir, ce serait très embarrassant – et encore, c’est un euphémisme. Qui sait ce qu’il pourrait bien lancer comme conneries, avec le cerveau embrumé par les élans de l’alcool ? Ou pire encore, ce qu’il pourrait faire… réessayer d’embrasser Dorrit, par exemple. Là, c’est sûr, il essuierait une gifle monumentale. Il avait été chanceux l’autre fois qu’elle se contente de lui parler civilement, quand il y repensait. Priam soupire, dépose un peu d’argent pour payer ses consommations de la soirée et, les mains enfouies dans les poches de ses pantalons, s’en va sans un regard aux autres clients. Il n’a vraiment aucune envie de flirter ce soir. L’humeur n’y est tout simplement pas.

Il rentre à bord de sa voiture, se maudissant d’avoir laissé son iPod et ses CDs de musique à la maison; le silence devient insupportable quand les pensées moroses et les regrets s’installent, Priam pourrait vous le confirmer. Mais, musique ou pas, il rentre après une bonne dizaine de minutes et, en ouvrant la porte, sent aussitôt l’odeur familière de la nicotine flotter dans l’air. Merde, Dorrit s’en était allumée une. Ça allait puer jusqu’au lendemain dans tout l’appartement – sauf dans sa chambre, quelle consolation. « Super. » ironise-t-il à voix basse en s’avançant dans l’appartement. Dorrit est sans doute rentrée, à moins qu’elle soit sortie avec des amis. Ou peut-être qu’elle s’est déjà mise au lit, sa fatigue étant trop lourde. Ce serait bien, ça. Ainsi, il n’aurait pas à lui faire face et à sentir son doux regard posé sur lui. Il ne s’est jamais senti mal à l’aise en sa présence auparavant, mais ça bien sûr c’était avant qu’il ne lui avoue de la manière la plus ratée qui soit ses sentiments. Priam soupire et remarque qu’il y a de la lumière dans le salon. Mauvais signe : Dorrit est là. Que faire ? Aller s’enfermer dans sa chambre comme un lâche ? Ou affronter ses sentiments comme un homme ? Il est de toute façon quasi certain qu’elle l’a entendu rentrer, alors ce serait bien impoli de ne pas aller au moins lui dire bonsoir. Il se décide finalement pour le second choix en se disant que ce n’est pas en se cachant que leur amitié si pure et innocente de jadis allait renaitre de ses cendres comme par magie. Priam se rend donc au salon et aperçoit la rouquine, une tasse de thé à la main. « Hey, Dorrit. » Il détourne brièvement la tête, un sourire gêné sur les lèvres. Ça fait tellement bizarre de lui reparler après tout ce qui s’est passé entre eux, mais bien sûr il est impossible de remonter dans le temps pour corriger son erreur. « Passé une bonne journée ? » Il n’a pas envie de se plaindre pour la cigarette, alors il ne le fait pas. Tout ce qu’il veut, c’est qu’elle lui parle enfin et que tout redevienne comme avant… si possible.


Dernière édition par Priam Lichen le Mer 8 Mai - 18:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Mer 8 Mai - 18:20


Dorrit entend enfin Priam rentrer. Il est grand, il peut faire ce qu'il veut bien sûr, mais elle est toujours inquiète quand elle ne sait pas où il est. Mais le soulagement de le savoir rentré laisse vite place à l'incertitude ; comment doit-elle se comporter avec lui ? Viendra-t-il au moins lui dire bonsoir ? Elle ne sait pas quel comportement adopter avec lui depuis ce qu'il s'est passé la dernière fois et ça l'énerve. Elle n'a jamais eu à réfléchir à comment être avec Priam, que faire quand elle est avec lui, que dire pour lancer la conversation ; elle n'avait qu'à être elle-même, pas besoin de réfléchir. Alors quand elle le voit entrer dans le salon, elle décide de faire comme avant. Après tout, elle n'a jamais eu à être fausse avec lui, ce n'est donc pas aujourd'hui que ça allait commencer ! « Hey, Dorrit. » Elle se tourne vers lui, sa tasse de thé toujours à la main et sans réellement s'en rendre compte, elle sourit. Oui, il est toujours là son Priam, derrière ce sourire gêné et ces yeux fuyants son regard. Elle peut le voir; « Passé une bonne journée ? » Elle a bizarrement envie de pleurer, ou de lui sauter dans les bras. Il lui parle. Merde, il lui parle enfin ! T'es bien trop émotive ma pauvre fille... « Je suis morte. On a eu beaucoup de monde aujourd'hui, c'était crevant. Et toi ? » Elle tapote la place à côté d'elle sur le canapé pour qu'il vienne s'asseoir. Ça lui manque de lui parler. Ça lui manque beaucoup trop. « Viens là, qu'on se moque des greluches anorexiques qui passent à la télé. » Voilà, bien. Sois normale. « Tu veux un truc à boire ? » Elle allait se chercher une bière, autant lui en ramener une en même temps, non ? Et puis tout le monde va mieux avec une bière. La bière résout tout, c'est bien connu.



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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Mer 8 Mai - 20:23


priam & dorrit


Quand Priam a fait une connerie, c’est simple : il s’excuse humblement en croisant les doigts que ça suffise. Et, en général, eh bien ça suffit. D’un autre côté, le brun trouve absurde d’en vouloir à une personne pour une longue période de temps; à son avis, il faut savoir relaxer et être cool dans la vie. Ce qui implique, naturellement, d’apprendre à pardonner. Heureusement, il n’a jamais eu de gros problèmes de ce côté; il pardonne toujours éventuellement, avec le temps. Et puis, être en froid avec un pote ou un parent n’est pas agréable. Cependant, dans la situation actuelle, il n’a pas à prendre la décision de pardonner ou de ne pas pardonner. Non, c’est à Dorrit de faire ça. C’est Priam qui l’a bouleversée, qui a essayé de s’emparer de ses lèvres sans vraiment savoir ce qu’elle pensait réellement de lui, alors au fond, il sait très bien qu’il n’a pas son mot à dire là-dessus. Il a complètement merdé, alors qu’il assume, bordel ! C’est cela dit plus facile à dire qu’à faire. Chaque jour, il la voit sans trop savoir comment agir en sa présence, comment lui parler. Ils se sont évités durant pratiquement toute la semaine et pour la première fois depuis « l’incident », ils se parlent. Ils tentent, du moins, reste à savoir jusqu’où ça ira, tout ça…

Lorsqu’il aperçoit son sourire naître sur son visage de porcelaine, il l’imite. Il ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort que lui. Oh, ce n’est pas un large sourire aux commissures frémissantes dont il a le secret, c’est plutôt un sourire en coin soulagé. Avec les lèvres légèrement entrouvertes. Ça fait du bien, le monde entier n’en a pas conscience mais le jeune homme s’en fout, ça fait simplement du bien de savoir qu’elle ne lui en veut pas. Qu’elle lui communique implicitement que tout va bien, qu’elle est prête à reprendre leur amitié là où ils l’ont momentanément abandonnée. Du moins, c’est l’impression de Priam, alias l’éternel optimiste. Il veut croire en ses chances, le mec, laissez-le vivre, quoi. Dorrit lui répond enfin, lui disant en d’autres mots qu’elle a eu une journée bien remplie, puis l’invite à venir s’asseoir près d’elle, sur le canapé. Les sourcils haussés par la surprise, Priam ne réagit pas sur le coup. Il est heureux de voir que sa supposition de tout à l’heure n’est pas erronée : si elle ne lui a pas encore explicitement pardonné pour ce qu’il a fait, ce n’est sans doute qu’une question de temps avant qu’elle ne le fasse. Du coup, il se sent fier d’avoir décidé de la rejoindre dans le salon.

« Heureusement que je suis là pour te changer les idées, alors. » Il ne se demande pas s’il est encore trop tôt pour la taquiner comme ça. Après tout, c’est Dorrit, elle sait bien qu’il est comme ça. « Moi ça va. J’ai discuté avec mon patron de la direction scénaristique que va prendre ma bande dessinée, c’était sympa. Ah, et j’ai accepté ce soir même d’illustrer la page couverture du roman d’un vieux pote. » lance-t-il légèrement en prenant place sur le canapé. Leur proximité est un peu étrange durant les premières minutes, mais Priam se détend rapidement : parler de choses aussi banales est réconfortant en soi. Il n’a ainsi pas à s’exprimer sur ses sentiments, il ne sort pas de sa zone de confort. La jeune femme se lève ensuite pour aller se chercher un truc à boire – une bière, comme il la connaissait bien. C’est vrai qu’il a déjà bu ce soir, mais comme il est à la maison et que c’est Dorrit qui le propose… Il ne voit pas comment il pourrait refuser ça. « Ouais, une bière, ce serait vraiment gentil, merci. » Il la regarde partir à la cuisine chercher leurs consommations, se convainquant que tout ira effectivement pour le mieux, que cette semaine des plus pourries est bel et bien terminée, qu’ils peuvent passer à autre chose… Oh, c’est dur d’encaisser le fait qu’elle ne ressente pas ce qu’il ressent pour elle, mais au moins, elle veut encore de lui comme meilleur ami, c’est déjà ça. Lorsqu’elle revient près de lui, il prend sa bière d’une main et la porte à ses lèvres. Ça fait du bien. Ça le détend encore plus. « Tu sais, ça fait bizarre de se reparler après… après ce qui s’est passé. » avoue-t-il au bout d’un instant, la voix pensive, le regard dirigé sur la télévision. Il n’est pas tout à fait certain de vouloir aborder le sujet, mais il a envie d’être honnête avec elle. Comme toujours.
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Mer 8 Mai - 22:06


« Heureusement que je suis là pour te changer les idées, alors. » Il n'a aucune idée d'à quel point ce qu'il vient de dire est vrai. Dorrit s'est déjà demandé de ce qu'elle serait devenue si elle n'avait pas connu Priam. Peut-être qu'aujourd'hui elle serait mariée et aurait trois gosses, même si elle n'avait jamais vraiment voulu se marier et avoir une grande famille. Ce n'est pas qu'elle n'aime pas les enfants, au contraire, mais elle ne se voit absolument pas être mère. Pour elle, elle ferait la pire mère au monde. Elle est trop immature pour pouvoir s'occuper d'enfants étant restée elle-même une grande gamine. Peut-être serait-elle à la tête d'une chaîne de cafés mondialement connue. Même si ça aurait été franchement cool, au fond, elle préfère sa petite vie tranquille avec Priam. On pourrait lui proposer n'importe quoi, elle choisirait toujours Priam. Ça peut paraître malsain, mais Priam passerait très certainement toujours avant tout et elle se trouve franchement idiote de penser ça. Même si elle éprouve bien plus à son égard qu'une simple amitié, il reste son meilleur ami. Elle l'a connu pratiquement toute sa vie, a tout vécu avec lui alors devoir un jour le quitter lui serait tout à fait impossible. Elle devrait lui interdire de partir, de se marier, d'avoir des enfants. C'est égoïste, oui, mais sans son meilleur ami elle n'est rien. « Qu'est-ce que je ferais sans toi, hein ? » Ouais, qu'est-ce que tu ferais sans lui, hein ? « Moi ça va. J’ai discuté avec mon patron de la direction scénaristique que va prendre ma bande dessinée, c’était sympa. Ah, et j’ai accepté ce soir même d’illustrer la page couverture du roman d’un vieux pote. » « Ouuh, félicitations ! Je te proposerai bien une pizza pour fêter ça, mais on n'a plus rien dans le frigo à part des bières et une vieille conserve de raviolis. Je ferai les courses demain. » Il s'assoit finalement à côté d'elle et elle sourit - encore. Ça lui avait manqué tout ça ; il lui avait manqué. Ça a été la semaine la plus longue de toute sa pauvre vie et quand on a eu des parents comme les siens, je peux vous assurer qu'elles sont loin d'être courtes les semaines. Là maintenant, elle a juste envie qu'il la prenne dans ses bras et qu'ils passent la soirée à regarder des émissions de télé-réalité crées pour les idiots du coin. Mon dieu, elle tuerait pour ça. Mais c'est trop tôt. Elle ne peut pas faire ça alors qu'ils se reparlent à peine, alors qu'elle l'a repoussé la semaine dernière, alors qu'elle est plus perturbée que jamais par l'imbécile à côté d'elle. Pourquoi tout doit être si compliqué ? La vie en générale est déjà assez dure comme ça, alors pourquoi doit-elle se prendre la tête à savoir si maintenant elle peut faire telle ou telle chose avec lui ? « Ouais, une bière, ce serait vraiment gentil, merci. » Elle va donc dans la cuisine, sort deux bières du frigo, les décapsule avec un briquet qui traîne sur la table et revient s'asseoir sur le canapé. Y'a pas à dire, y'a rien de mieux qu'une bonne bière fraîche. Elle prend quelques gorgées en regardant Tyra Banks démolir Bianca, une jeune mannequin métisse. Elle est bien foutue, cette connasse. Dorrit, la classe au féminin. « Tu sais, ça fait bizarre de se reparler après… après ce qui s’est passé. » Ah bah elle s'y attendait pas à celle-là. Merde. « Ouais. » Elle ne sait pas trop quoi dire, elle hésite, elle cherche ses mots. Le sujet tabou. Elle n'aurait pensé qu'il y aurait un sujet tabou entre eux, eh bien c'est fait. Et elle n'aime pas ça. Elle ne veut pas être gênée de parler de quelque chose à Priam bordel. « Je, euh... Tu m'as manqué. » Oui, il lui a manqué. « Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu... hum, pourquoi ? Pourquoi t'as fait ça ? » Elle veut savoir, elle en a besoin pour passer à autre chose. Elle se pose cette question depuis que c'est arrivé ; pourquoi ?
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Jeu 9 Mai - 1:47


priam & dorrit


Priam se contente de ricaner, amusé par sa question. Depuis la maternelle, ils ont toujours été ensemble, comme les deux doigts de la main. Dans les couloirs du collège, puis du lycée, l’un n’était jamais loin de l’autre. Certains, sans doute par jalousie, aimaient bien lancer des rumeurs – fausses, naturellement – à leur sujet. L’une d’entre elles était d’ailleurs assez farfelue et allait comme suit : si Dorrit avait le malheur de s’absenter à un cours, les gens croyaient que c’était parce que Priam l’avait mise enceinte et qu’elle avait trop honte d’elle pour se présenter à l’école. Absurde, quand même et des années plus tard, cela fait rire le concerné plus que d’autre chose. Malgré tout ce qu’ils pouvaient cancaner à leur sujet, Priam y restait indifférent et tentait de dédramatiser la chose avec des sarcasmes. Peu importe ce qu’ils pensaient d’eux, à l’époque il était persuadé que rien, mais rien, ne pourrait se mettre entre lui et sa Dorrit. Il se croyait alors invincible, un peu comme ses super héros préférés. C’était le bon vieux temps – il se sent vieux de penser comme ça; pourtant c’est vrai, le temps a passé et voyez : le brun et la rouquine sont toujours ensemble. Pas ensemble « ensemble », comme dans un couple, mais comme des colocataires, comme des amis, et franchement, Priam n’échangerait ça pour rien au monde. Oui, il souhaite que leur relation aille plus loin, il y rêve encore et l’a sous-entendu assez clairement l’autre soir, mais puisque Dorrit ne veut pas de lui de cette façon, eh bien c’est mort. « Merci ! Roh, pas de pizza, quelle misère ! » blague-t-il allégrement.

Il prend ensuite place près d’elle et ils gardent le silence. Pour sa part, Priam tente de concentrer son attention sur l’émission qui joue à la télé et non sur l’envoûtante rouquine juste à côté. Parce que s’il écoutait, il se jetterait probablement sur elle une fois de plus, l’embrassant comme si sa vie en dépendait. Mais évidemment, il n’en fait rien, il n’est pas con au point de gâcher définitivement leur amitié, leur complicité, juste pour « une pulsion », pour citer Dorrit. Si elle savait, bordel, que c’est bien plus qu’une simple pulsion sexuelle – car c’est clairement ce qu’elle a pensé. Si seulement elle l’avait compris ce soir-là, tout aurait été différent. Elle va chercher les bières, puis revient aussitôt. Ils ne disent pas un mot après ça. De vrais muets. Ils fixent leurs yeux sur l’écran de télé, Priam éclatant de rire en entendant le commentaire de la rousse. Voilà, il a l’impression de vraiment retrouver sa Dorrit, celle dont il est tombé amoureux il y a si longtemps de cela. Dorrit, en ce moment, ne ressemble en rien à la jeune femme bouleversé de la semaine passée et Priam ne se mentira pas : il est bien content qu’elle soit partie, celle-là. Savoir qu’il a été la cause de son bouleversement était pire et durant des jours, il s’en est voulu d’être passé à l’action. Afin d’être franc avec elle, il décide d’aborder le Grand Sujet. Ils sont amis, après tout, et même plus que ça, ils sont comme frère et sœur de cœur; il ne devrait pas y avoir de non-dits entre eux. Son regard vert ambré se pose sur elle et Priam voit bien qu’elle ne se sent pas à l’aise de parler de ça. Peut-être est-ce encore trop tôt pour elle… Mais à sa grande surprise, elle s’aventure à son tour sur cet épineux sujet et il sourit malgré lui en l’entendant dire qu’il lui a manqué. Son cœur devient tout chaud, comme de la guimauve qui fond au-dessus d’un feu de camp. Il veut dire qu’elle lui a aussi manqué, ce qui est vrai, mais elle reprend aussitôt la parole et sa question le fait baisser la tête. S’attend-elle vraiment à une réponse claire, nette et précise ? Enfin, est-elle seulement prête à l’entendre ? En tout cas, elle n’a pas besoin d’élaborer; il a compris où elle veut en venir. Il relève la tête, se force à la regarder dans les yeux parce qu’elle le mérite bien. Il se frotte nerveusement la nuque d’une main avant de prendre la parole : « Comment te dire, Dorrit ? J’ai… j’ai… » Come on, c’est ta chance de t’expliquer, mon grand. Foire pas tout, quand même. « J’avais envie, c’est tout. » Biiiiiiiip, mauvaise réponse, vous êtes le maillon faible, se sermonne-t-il avec ironie. « Enfin, ne va pas croire que je l’ai fait sur un coup de tête, c’est pas ça qui s’est passé. J’ai simplement cru que c’était le bon moment et… » Il se fouette soudainement la cuisse d’une main, agacé contre lui-même. Il s’explique tellement mal qu’il ferait peur à un enfant de dix ans. Sa bière tangue dangereusement dans son contenant, menaçant de finir sur le canapé. Il soupire longuement puis marmonne : « Désolé, j’aurais pas dû. Désolé, vraiment. »
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Jeu 9 Mai - 14:45


Il est nerveux, elle peut le voir. Elle n'aime pas le voir comme ça, il devrait pouvoir lui parler de tout sans se mettre dans cet état, même des sujets les plus... sensibles, dirons-nous. « Comment te dire, Dorrit ? J’ai… j’ai… » « Tu as ? » Allez mon grand, vas-y, tu peux le faire ! Le voir chercher ses mots le rend étrangement attendrissant et elle ne peut s'empêcher de sourire. Merde, c'est pas le moment de faire ta cruche Dorrit. « J’avais envie, c’est tout. » Elle fronce les sourcils, perplexe. Il en avait envie ? Elle a déjà eu plusieurs fois envie d'étrangler le voisin quand il met son horrible musique beaucoup trop fort et elle ne l'a pourtant pas fait. Alors que ça aurait sauvé bien des oreilles. « Enfin, ne va pas croire que je l’ai fait sur un coup de tête, c’est pas ça qui s’est passé. J’ai simplement cru que c’était le bon moment et… » Le bon moment ? Le bon moment pour quoi ? L'embrasser ? Elle fronce encore plus les sourcils, réfléchissant à ce que tout cela peut bien vouloir dire. « Désolé, j’aurais pas dû. Désolé, vraiment. » A cet instant, elle a juste envie de le prendre dans ses bras et de ne plus le lâcher. Elle n'aime vraiment, vraiment pas le voir comme ça. « Tu sais... au fond c'est pas si grave. Tu me connais, je me prends vite la tête pour rien et là c'était... enfin, je m'y attendais pas. Je suppose. » Non, elle ne s'y était pas attendu. Pas du tout. Quand elle s'était levée le matin, jamais elle n'aurait imaginé que son meilleur ami essaierait de l'embrasser. « C'est juste que tu... tu peux pas jouer comme ça avec moi. C'est pas... bien. » Mais après tout, comment pourrait-il savoir qu'elle l'aime depuis des années et que ça la fait souffrir qu'il fasse ce genre de chose ? C'est surtout de sa faute à elle, elle n'avait pas qu'à tomber amoureuse de lui comme une gamine de quatorze ans alors que c'est censé être son meilleur ami. Elle doit arrêter de penser que quelque chose pourrait se passer entre eux, voilà tout. Puis elle repense à ce qu'il lui a dit tout à l'heure, ce fameux "bon moment". « Et puis... c'est quoi ce truc du "bon moment" ? J'veux dire, le bon moment pour quoi ? M'embrasser ? » S'il pensait que c'était le bon moment, c'est qu'il avait du y réfléchir avant, non ? Sauf qu'elle connait Priam, il ne se serait pas dit un bon matin en se levant "Tiens, aujourd'hui je vais embrasser Dorrit !". Il n'aurait pas prévu de... "jouer" avec elle. Parce que pour lui, ce n'est rien d'autre qu'un jeu, non ? « Je comprends pas, Priam. » Comme à son habitude, elle se pose bien trop de questions. C'est vraiment un problème chez elle, elle se sent obligée de tout savoir, de tout comprendre. Elle déteste se poser des questions et ne pas avoir de réponses. Cette fille est dingue. Elle se tourne vers lui, assise en tailleur et prend une gorgée de sa bière. Elle déteste le mettre mal à l'aise mais elle est obligée de savoir. Elle doit savoir.



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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Jeu 9 Mai - 21:35


priam & dorrit


Il voit bien que ses paroles la rendent perplexe, ce qui est tout à fait l’opposé du résultat désiré. Il n’a pas envie de la mélanger davantage, ce n’est pas son but. Alors, lorsqu’il se retrouve au pied du mur, il fait la seule chose qui lui vient à l’esprit : il s’excuse. Dorrit prend à son tour la parole et sincèrement, il lui en est reconnaissant. Il ne savait plus quoi dire, il a juste l’impression d’aggraver les choses, quand il lui parle de ce qui s’est passé entre eux. Quand il lui parle de… sentiments. Priam le maladroit, voilà ce qu’il est. Il fronce les sourcils en l’entendant dire qu’il ne peut pas jouer avec elle. Jouer avec elle… Voilà enfin le nœud du problème, semble-t-il. Elle croit vraiment ça, qu’il est capable d’une telle bassesse ? Apparemment. A-t-elle seulement pensé qu’elle se fourvoie complètement ? Parce que c’est le cas et ça fait mal de savoir qu’elle ne le sait même pas. Bien sûr, il lui est arrivé d’avoir des aventures d’une nuit, mais jamais il ne pourrait lui faire ça, jamais il n’oserait lui faire du mal de cette façon. Et puis, ce n’est pas comme si elle était une parfaite inconnue; il la connait comme s’il l’a toujours connue, en vérité. Non, s’il l’a essayé de l’embrasser l’autre soir, c’est parce qu’il croyait en ses chances, tout bonnement. C’était un risque comme un autre et il l’a pris. Mais, quand il y pense, qu’elle comprenne ses motivations ou qu’elle ne les comprenne pas n’a aucune importance puisque ça ne changera pas sa réponse. Ce n’est pas en sachant qu’il est fou d’elle depuis la maternelle qu’elle aura envie de lui sauter dans les bras; si elle le faisait, ce serait par pure pitié, de toute façon. Et Priam ne veut pas ça.

Il garde le silence, préférant cette fois ne pas balbutier comme un abruti devant elle. Il préfère peser ses mots avant d’ouvrir la bouche. Juste par précaution, parce qu’il ne veut pas qu’elle interprète mal ce qu’il s’apprête à lui dire. Pendant ce temps, elle continue de lui parler, d’essayer de comprendre. Comprendre, alors qu’en réalité, c’est très simple. Il boit une gorgée pour gagner un peu de temps. Encore une fois, ça fait du bien; sa gorge devenait sèche. Il soupire pour ce qui semble être l’énième fois de la soirée. « Je joue pas avec toi. » Cinq petits mots, c’est tout. Il n’en dit pas plus. Après tout, s’il veut être honnête avec elle, il faut qu’il aille jusqu’au bout. Ses yeux s’attardent sur les siens – c’est nunuche, mais… ouais, il pourrait faire ça toute la journée. Il espère qu’elle saisira toute la portée de cette simple et courte phrase. Il n’a pas envie de s’épancher pendant des heures sur ce fameux "bon moment", qui n’a été qu’une intuition, qui lui a soufflé : "Vas-y, c’est maintenant ou jamais." Il faut croire que son intuition lui a joué un sacré tour, parce que Dorrit l’a repoussé avant même qu’il n’ait eu le temps de se rendre jusqu’à ses lèvres. Elle ne l’a pas laissé aller plus loin, croyant sans doute, à la lumière de la conversation qu’ils ont en ce moment, qu’il n’était pas sérieux pour un sou. Après un moment, il conclut: « C’est tout ce que t’as besoin de savoir : je joue pas avec toi, ç’a jamais été mon intention. Je comprends que tu ne ressentes pas la même chose… et je l’accepte. Je veux juste pas que tu penses que je serais prêt à te faire souffrir par simple égoïsme. » Il se tait, peut-être en a-t-il trop dit; en tout cas, les dés sont jetés.
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Jeu 9 Mai - 22:38


Elle ne le lâche pas des yeux. Même avec toute la volonté du monde, elle n'arrive pas à regarder autre chose que son meilleur ami. Elle veut savoir. Elle en a besoin. Il réfléchit à ce qu'il va dire, elle peut le voir. Avec les années, elle arrive maintenant à savoir presque toujours à quoi il pense, s'il est contrarié, triste ou juste heureux en le regardant. Elle est certaine qu'elle pourrait le regarder pendant des heures sans se lasser. Il prend finalement une gorgé de bière et lui répond. « Je joue pas avec toi. » Encore une fois, elle fronce ses sourcils. Merde, cette soirée va finir par lui donner des rides. Il ne joue pas ? S'il ne joue pas, pourquoi ce presque baiser la semaine dernière ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Des questions. Encore et toujours des questions. « C’est tout ce que t’as besoin de savoir : je joue pas avec toi, ç’a jamais été mon intention. Je comprends que tu ne ressentes pas la même chose… et je l’accepte. Je veux juste pas que tu penses que je serais prêt à te faire souffrir par simple égoïsme. » Nouveau froncement de sourcils, regard vague, bouche entrouverte. Elle n'a certainement jamais réfléchi aussi vite de toute sa vie. "Je comprends que tu ne ressentes pas la même chose". Elle repasse la phrase en boucle dans sa tête, se remémorant son expression quand il l'a dite, le ton exact qu'il a employé. Elle ne sait pas si ce qu'elle commence à comprendre pourrait être vrai ou si c'est juste son côté niais et amoureux qui parle. C'est impossible. Ça ne peut pas être vrai. Elle lève finalement les yeux vers lui, son coeur n'ayant certainement jamais battu aussi rapidement. Elle a forcément tort. C'est certain. Non, elle ne peut définitivement pas avoir raison. « Que... que je ne ressente pas la même chose ? » Il ne peut pas avoir de sentiments pour elle. Il ne peut pas l'aimer, c'est insensé, totalement absurde et... inimaginable. Elle ne peut pas l'avoir repoussé la semaine dernière s'il l'aime. Elle ne peut pas avoir gâché autant d'années à se taire et faire comme si elle ne ressentait absolument rien pour lui. Elle a mal compris, non ? Elle a juste très mal compris, tout mélangé. « Qu'est-ce que tu ressens pour moi, Priam ? » Elle a peur de sa réponse. Pire, elle en est même effrayée. S'il lui répond, tout changera entre eux. Plus rien ne sera jamais pareil et ça l'effraye. Elle ne sait pas comment réagir, quel que soit sa réponse. S'il lui dit qu'elle se fait des films, elle ne sait pas si elle devra rire ou pleurer. Elle fera très certainement les deux. Et s'il lui dit qu'effectivement, il ressent plus qu'une simple amitié, qu'il a des sentiments pour elle, là non plus, elle ne sait absolument pas comment elle réagira. Crier de joie ? Certainement pas. Pleurer ? Un peu trop lamentable, non ? Lui sauter dessus et l'empêcher de sortir cette semaine ? Hum. Elle verra ça plus tard. Pour l'instant, elle attend toujours sa réponse, s'acharnant sur l'étiquette de sa bière à cause du stress.

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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Ven 10 Mai - 6:57


priam & dorrit


Décidément, cette soirée, qui promettait d’être pourtant calme et sans histoires, devient vraiment compliquée. Priam a l’impression de regarder une série et d’avoir loupé le dernier épisode tant les paroles de la rouquine lui semblent totalement dénuées de sens commun. Il est confus par la perplexité de Dorrit et se retient de ne pas jeter un coup d’œil circulaire au salon dans lequel ils se trouvent dans l’espoir stupide de trouver des caméras cachées. Ça serait tellement plus simple, dit comme ça. Plus de problèmes amoureux ou de débiles quiproquos. Parce que oui, c’est exactement ce qui se passe dans la vie de Priam, dernièrement. Il remarque l’expression "WTF" peinte sur le visage de Dorrit, qui l’aurait sans doute fait rire si la situation n’était pas aussi dramatique. Dorrit le fait toujours rire ou sourire. Elle sait quoi lui dire quand ça va mal, c’est la personne qui le connaît mieux. Alors, quelque part, peut-être n’est-ce pas si surprenant qu’il ait été séduit par la rousse. Certains disent qu’il existe une très mince ligne entre l’amour et l’amitié entre deux personnes du sexe opposé et dans son cas, Priam sait que c’est vrai. Enfant, il ignorait ce qu’était l’amour et ne s’en préoccupait pas outre mesure, mais quand il y repense, il croit, ou plutôt il est certain, qu’il a toujours été attiré par Dorrit. Il se souvient de tous ces câlins amicaux échangés lorsqu’ils se rencontraient, de toutes les fois où il l’a défendue bec et ongle contre les connards qui osaient dire du mal d’elle. En y repensant, ouais, ce qu’il ressent à son égard semble être une évidence depuis le début. Le plus ironique dans tout ça – ou le plus pathétique, au choix, c’est que leur belle histoire d’histoire ne décollera jamais. Elle est vouée à l’échec, peut-être parce qu’il s’y est mal pris pour lui annoncer ses sentiments, pense-t-il avec optimiste. Mais la vérité, c’est qu’elle n’en a rien à foutre, de Priam. Et quand elle se trouvera un mec, mec qui en vaut la peine et qui l’aime vraiment, le brun ne sait absolument pas ce qu’il fera alors. Une dépression, une crise de jalousie, un meurtre… Non, quand même pas. Il n’est pas extrémiste à ce point, même si sa jalousie peut parfois atteindre des sommets inimaginables. Voilà qui gâcherait pour de bon leur complicité de longue date.

Il penche la tête sur le côté. C’est maintenant lui qui ne comprend plus rien. Ce qu’il ressent pour elle ? Il aurait cru que sa tentative ratée de l’embrasser a été suffisamment claire pour se passer de mots. Apparemment pas. Dorrit a besoin de l’entendre lui dire une vérité qu’il tait depuis des années par simple embarras. C’est l’heure de jouer cartes sur table… alors qu’il sait très bien quelle en sera l’issue. « J’ai vraiment besoin de te le dire ? » lance-t-il d’un ton incrédule, pour gagner du temps. En même temps, c’est incroyable qu’elle lui pose une question pareille. Incroyable, absurde… Adorable, aussi. Il n’a qu’à lui servir la réponse qui lui brûle les lèvres sur un plateau d’argent. À ce moment, il pourrait tout aussi bien lui dire qu’il ne ressent que de l’amitié pour elle et ils pourraient alors tous deux passer à autre chose. Mais non, il ne s’y résout pas. C’est la solution facile, celle d’un lâche. Et Priam aurait beau avoir tous les défauts du monde; la lâcheté ne figurerait pas sur la liste. « Parce que je suis sûr que j’ai pas besoin de le faire, je suis sûr que tu sais déjà ce que je ressens pour toi. » Il se tait, ses yeux se perdent dans ceux de son amie, puis descendent jusqu’à ses lèvres entrouvertes. Il sent son cœur cogner en lui, comme s’il était un adolescent sur le point d’embrasser sa première petite amie. Quelle valorisante comparaison. « Je t’aime Dorrit. » déclare-t-il enfin, prononçant chaque syllabe avec lenteur, comme pour savourer le son produit par ses cordes vocales. Il rit nerveusement, détournant de nouveau le regard. « Euh, c’est là que tu dois dire que ça ne marchera pas entre nous, que je finirai bien par trouver un jour une fille qui m’aimera à ma juste valeur et blablabla. » ajoute-t-il presque aussitôt, s’essayant à l’humour afin de se protéger contre l’inévitable déception qui menaçait de tomber.
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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Ven 10 Mai - 22:38


L'attente lui parait interminable, très certainement parce que la réponse changera littéralement sa petite vie tranquille, parce qu'elle a attendu ça pendant des années et parce qu'au fond d'elle, elle sait. Elle sait ce qu'il va lui répondre, ou plutôt parce qu'elle a finalement compris ce qu'il ressent réellement pour elle. Elle ne veut pas y croire, par peur de se tromper, par peur d'être déçue, par peur de souffrir. Mais elle ne peut plus nier l'évidence, elle a compris. « J’ai vraiment besoin de te le dire ? » Pas vraiment, non, mais elle veut l'entendre. Elle veut qu'il lui dise. Elle en a besoin. « Parce que je suis sûr que j’ai pas besoin de le faire, je suis sûr que tu sais déjà ce que je ressens pour toi. » Dis-le. Dis-le bordel. Elle ne bouge plus, son coeur bat vite, bien trop vite et elle ne regarde que lui. Impossible de le lâcher du regard. Elle s'est imaginé tellement de fois ce moment qu'elle a du mal à savoir si c'est vraiment en train de se passer ou si c'est seulement elle qui divague encore. Et finalement, il lui dit.« Je t’aime Dorrit. » Son coeur loupe un battement, sa respiration devient encore plus irrégulière et elle s'insulte mentalement quand elle comprend qu'elle devrait peut-être réagir. « Euh, c’est là que tu dois dire que ça ne marchera pas entre nous, que je finirai bien par trouver un jour une fille qui m’aimera à ma juste valeur et blablabla. » Mais quel con ! Idiot. Idiot. Idiot ! Mais qu'il est con. Je vais le tuer. Elle n'y croit pas. Sérieusement, elle est sur le cul. Il lui dit la plus belle chose qu'il puisse lui dire et il arrive à tout gâcher dix secondes après. Elle a juste envie de le frapper. Vraiment. « Mais tais-toi, imbécile ! » Et elle l'embrasse. Parce que là, maintenant, pour que cet idiot comprenne, elle ne voit que ça. Elle avait oublié à quel point c'était bon et se rend compte combien ça lui a manqué. Elle est heureuse. Juste heureuse. Mon dieu, elle a encore du mal à réaliser. Avant même qu'il ne puisse réagir, elle se recule doucement, collant son front contre le sien. Sa respiration est erratique et elle a beaucoup de mal à se calmer. Elle ne sait pas si elle s'en remettra un jour. Non, impossible. « T'es qu'un idiot, tu le sais ça ? Elle est devant toi la fille qui t'aime. Comment... comment t'as pu penser que je... que j'allais te repousser ? Sérieusement ? La dernière fois, je... enfin... » Elle ne trouve plus ses mots, ne pensant qu'à ses lèvres, ses lèvres et ses lèvres. Obsédée. Mais elle doit s'expliquer. Il doit savoir pourquoi elle l'avait repoussé la semaine dernière. « J'avais peur. Je pensais que pour toi c'était juste... comme ça. Je pouvais pas te laisser faire, pas alors que je t'aime depuis... merde, longtemps. Trop longtemps. Je voulais pas souffrir. » Elle prend sa main, jouant avec ses doigts. Elle ne peut juste pas s'empêcher de le toucher maintenant. Merde, obsédée. Elle attend juste... quelque chose. Qu'il fasse quelque chose, qu'il dise quelque chose. Qu'il parte en courant. Même si ce n'est définitivement pas l'option qu'elle préfère.


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MessageSujet: Re: #0054 All my friends ask me why i stay strong, tell 'em when you find true love, it lives on (priam)   Sam 11 Mai - 1:11


priam & dorrit


Voilà, c’est fait. Il le lui a enfin dit. Ça a pris une bonne dizaine d’années avant qu’il ne le fasse, mais ce n’est qu’un petit détail sans importance; l’important, c’est qu’elle soit au courant de ses sentiments. Ça ne marchera probablement jamais entre eux, enfin disons que Priam n’a pas grand espoir que leur relation évolue vers quelque chose de plus intime, mais… Dorrit n’est désormais plus dans l’ignorance. C’est curieux, comme sensation. Il se sent léger, mis à nu. Il a l’impression qu’un poids lourd vient d’être enlevé de ses épaules, la preuve qu’il mourrait d’envie de tout lui avouer depuis bien longtemps. La réponse de Dorrit ne tarde pas à tomber et il fait la moue. C’est bon, il est un imbécile fini, il a compris. Il n’a pas trop assuré avec sa déclaration d’amour, ce n’est sûrement pas ce à quoi rêvent les filles en pensant à leur prince charmant, il le sait bien. Lui, il a simplement donné tout ce dont il est capable, du moins il a essayé. Et puis, les circonstances actuelles ne lui ont pas permis d’exploiter toute sa créativité : elle lui a posé une question directe et il n’a pas eu autre choix que de lui répondre le plus simplement possible. Soudain, alors qu’il songe à se lever et quitter la pièce pour ne plus avoir à supporter le profond regard de Dorrit, il sent des lèvres capturer les siennes et ferme à demi les yeux par automatisme. Son cœur s’emballe davantage et il s’étonne de ne pas avoir encore fait une crise cardiaque à ce stade-ci de la soirée. Cette fille va le tuer, littéralement, et le pire, c’est que ça ne le dérange même pas.

Il n’a pas le temps de répondre à ce baiser inattendu qu’elle se détache déjà de lui. Elle pose son front contre le sien et lui, il reste là, la respiration quelque peu saccadée et les pupilles dilatées. Il dépose sa bière sur la table basse à côté du canapé, sans trop regarder ce qu’il fait. Il aurait accidentellement pu jeter le breuvage sur le plancher qu’il ne l’aurait même pas remarqué; heureusement, il dépose la bouteille correctement sans qu’elle ne se renverse. Il a envie de toucher Dorrit, de l’embrasser une nouvelle fois. Les yeux si familiers de la rouquine brillent et il se doute que les siens doivent être semblables. Ils ont tous les deux faim l’un de l’autre, c’est encore plus évident que le baiser. « Dorrit ? » demande-t-il presque timidement, voulant se persuader que tout ceci est réel, que ce n'est pas un de ses fantasmes débiles. Dorrit prend donc la parole et s’explique. Elle confirme que l’amour que lui porte Priam est bel et bien réciproque, contrairement à ce que « l’imbécile » – lui – a pu croire. Elle ajoute qu’elle a eu peur que ce ne soit pas sérieux. Il se sent con en réalisant que leur amour, qui se terrait jusque là dans l’ombre de leur géniale amitié, aurait pu être découvert plus tôt. Débile, quand il y pense. Dorrit s’empare alors de sa main, caressant et observant avec attention ses doigts, ses jointures, ses ongles… Curieuse fascination, mais il se tait à ce sujet. « Toi aussi, alors, t’es qu’une idiote si tu pensais ça. » déclare-t-il. Il pose ses lèvres sur le dos de la main de porcelaine de Dorrit. « On est cons. » Après quelques secondes de sérieux, il s’esclaffe soudainement, heureux de tout ce qui vient de se passer. À ce moment-là, il sait. Il sait que Dorrit est maintenant sa Dorrit, qu’elle l’a sans doute toujours été, et que rien ne pourra jamais changer ça. Ça lui convient parfaitement. Priam, sourire aux lèvres, la regarde et, en tirant sur sa main, l’attire vers lui. La chaleur que dégagent leurs mains jointes l’enivre et c’est délicieux. Il entoure sa taille de ses deux bras. Il n’a pas besoin de prononcer le moindre mot, ses yeux parlent pour lui. C’est son tour de l’embrasser, il le sait, alors il n’hésite pas. Il sait aussi que, cette fois, elle ne se dégagera pas violemment en allant se réfugier dans sa chambre.
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